

Mon séjour à Fort Boyard (2 et 3 juin 2009)
Par Charles Tasserit le 6 juin 2009
Tout commença le 15 mai peu avant 20 heures, je reçois un coup de téléphone de Pierre Godde, le producteur de Fort Boyard. Malheureusement je ne suis pas disponible à ce moment là, alors il me glisse juste ces quelques mots : « Je voulais savoir si tu étais disponible le 2 ou 3 juin ». A partir de ce moment là j’étais déjà persuadé que j’allais poser le pied sur le fort dans moins d’un mois ! Je le rappelle quelques jours plus tard et il m’explique, en effet, qu’il a décidé de m’inviter à Fort Boyard pour y passer 2 jours et une nuit. Il a voulu m’inviter au voyage de presse qui se tenait pour la première fois sur 2 jours et que pour la première fois les journalistes allaient connaître l’expérience incroyable de dormir sur le fort. Une semaine avant le départ, je suis contacté par l’attachée de presse d’ALP qui me donne les consignes : lieu de rendez-vous, ce que je dois apporter avec moi (sac de couchage, vêtement chaud, coupe-vent…).
Après plusieurs nuits à rêver de l’expérience unique que je vais vivre, la date arrive enfin. Rendez-vous était fixé avec la presse et les 2 attachées de presse (France 2 et ALP) à la gare de Paris Montparnasse à 14h15 pour un départ à 14h45. J’arrive le premier suivi par les 8 journalistes, 6 d’entre eux travaillant pour la presse de télévision, les 2 autres travaillant pour « Le Parisien » et « Mon quotidien ». Dans le train, on nous distribue le dossier de presse de France 2 présentant toutes les nouveautés 2009 ainsi que le livre de Jean-Pierre Mitrecey « Les secrets de Fort Boyard ». On nous fait également tester le nouveau jeu de Fort Boyard sur DS. Je me précipite sur le dossier de presse devant l’impatience de découvrir enfin ces nouvelles règles et épreuves 2009, puis je m’amuse à écouter les anecdotes que racontent les journalistes sur les célébrités du petit cran qu’ils ont eu l’occasion de rencontrer.
Après 2 heures 30 de TGV, nous arrivons à la gare de Surgères, avec un temps absolument superbe qui restera avec nous pendant tout le séjour. Là nous attend un minibus qui nous emmène jusqu’à la pointe de la fumée à Fouras. On est alors invités à attendre le bateau dans les bureaux d’ALP, où on est reçus par Eric Buron, candidat en 1990 puis régisseur stagiaire dès l’année suivante, il a grimpé les échelons pour devenir aujourd’hui directeur de production. Le temps de prendre un café et nous nous dirigeons vers le bateau qui revient tout juste du fort avec l’équipe technique qui termine sa journée. Parmi ceux qui repartent, j’aperçois Yann Le Gac (le Père Fouras) qui devait dormir avec nous mais finalement a eu des obligations, Antoine, le « monsieur sécurité » qui équipe les candidats pour les épreuves dites « aériennes », et enfin Olivier Minne que je n’ai même pas remarqué tout de suite. Je vais le voir, me présente et lui sert la main avant de monter dans le bateau. A 18h45, le Sea Surfer part vers le fort. J’arrive à Fort Boyard un quart d’heure plus tard, je suis treuillé par le fameux panier sur la plate-forme et j’entre enfin dans ce lieu à la fois si mystérieux et si difficile d’accès, l’émotion est immense.
En entrant je rencontre Pierre Godde à qui je donne mes premières impressions ainsi que Frédéric Talfumière (directeur artistique), Manuel Blanquet (l’homme qui fabrique toutes les épreuves depuis le début, surnommé « Géo Trouvetout ») ainsi que des électriciens qui sont restés pour faire des tests d’éclairage. Rapidement, on nous montre nos chambres. La mienne que je partage avec les journalistes homme de l’aventure se trouve dans la cellule des étriers suspendus (cellule 115). Les chambres des filles sont les deux cellules voisines : la 116 (anciennement la Sauvageonne et le bras de fer, aujourd’hui inutilisée) et la 117, l’antre de Mr Tchan.
Après quelques photos, l’équipe de journaliste et moi-même sommes conviés sur la terrasse du fort, où Pierre Godde nous explique le déroulement de l’émission version 2009. Tout le monde est attentif et prend des notes, mais je remarque quelques journalistes visiblement perdus dans les explications. Heureusement, une fois les explications données, Pierre nous invite à venir voir les nouveautés. D’abord la partie centrale qui change chaque année, que j’ai testé en compagnie d’une journaliste, puis la salle du conseil qui a subit également quelques modifications. Puis, on nous fait visiter le rez-de-chaussée et toutes les pièces « techniques », des bureaux de production à la réserve animaux en passant par la régie et les ateliers de fabrication des épreuves.
Après la visite, nous sommes invités à boire un pot dans la cour intérieure du rez-de-chaussée. Il est déjà 22 heures quand nous nous servons au buffet froid que le cuisinier du fort nous a concoctés avant de rejoindre la terre. Je suis assis à côté de Pierre Godde qui répond à toutes mes questions sauf les plus indiscrètes sur les secrets les mieux gardés du fort comme ce que contiennent les jarres des souris et qui raconte comment Fort Boyard est né et quelles étaient les premières retombées.
A 23 heures, les lumières du fort s’allument majestueusement, l’éclairage est sublime. Je me précipite sur mon appareil photo pour prendre de nombreuses photos du somptueux décor au milieu duquel je me trouve. A minuit, les électriciens ouvrent la salle du trésor pour effectuer leurs réglages des lumières, j’en profite alors pour m’y rendre et prendre des photos encore plus belles que celles que je faisais difficilement derrière la grille. Je discute également avec Manu, le chef constructeur qui me raconte comment il a fait évoluer la salle du trésor et le proscenium, un travail colossal a été fait, même si cela n’est remarqué que par les fans de l’émission les plus assidus.
Puis, je me rends seul, dans le labyrinthe obscur qui portait bien son nom car de nuit et sans éclairage on y voit pas grand chose dans lequel se trouve le parcours que prennent les candidats pour se libérer. Puis je rejoins les journalistes sur la terrasse. On va rester discuter pendant plus d’une heure. Alors que les lumières sont éteintes et qu’on est alors dans le noir quasi complet, on se décide enfin à aller se coucher aux alentours de 2 heures 30 du matin. Le programme du lendemain est matinal : petit déjeuné prévu à 8 heures.
Je me réveille le lendemain à 7h20, je n’ai pas envie de dormir plus, il y a bien mieux à faire dans ce si merveilleux endroit où je me trouve, je dormirai plus tard ! Je prends mon appareil photo et je fais seul une visite complète du fort qui n’a presque aucun secret pour moi puisque je connais l’emplacement de chaque épreuve. Pendant trois quarts d’heure, tout le monde est encore couché, j’ai le fort pour moi tout seul ! Je ne prends pas moins de 130 photos pendant cette courte période, essentiellement des vues générales du fort et des épreuves, anciennes ou nouvelles. Je termine ma visite par la vigie avant de descendre prendre un tout petit bout de gâteau en guise de petit déjeuner. Je n’ai même pas eu le temps de pendre un vrai petit déjeuner ni de me laver !
A 9 heures, Pierre nous emmène au premier étage pour commencer le test des nouvelles épreuves. La première qu’on doit tester est le mal de mur. Pierre demain qui veut la faire. Les journalistes se regardent donnant l’impression que personne ne souhaite la faire alors Pierre m’invite à la faire. Je vide mes poches et commence à escalader ce mur qui balance de gauche à droite. Je tombe plusieurs fois, jusqu’à me dire « C’est pas possible ce truc, dès que je me rapproche de la clé, le mur balance ». Puis je trouve une ruse : escalader le mur jusqu’en haut, me servir du haut du mur pour m’accrocher et ensuite me laisser balancer vers la clé, qui n’était pas installée mais il y avait la pince sur laquelle elle est normalement accrochée. C’est réussi dans un temps qui me paraît correct (2-3 minutes).
Deuxième épreuve, le transformateur. Là encore personne ne semble motivé à la faire et je m’y colle. Je parviens assez facilement à ouvrir les 5 portes avec la sorte de tire-bouchon du transformateur. Puis, Manu installe la clé. Avec les pinces électriques je fais fondre le fil de fer et remporte ma deuxième clé !
En sortant de la cellule, je m’aperçois que j’ai une coupure assez grande mais heureusement pas profonde sur le pouce, je ne sentais rien. Après réflexion, je devine que c’est quand j’ai voulu attraper la pince qui était assez coupante dans le mal de mur. Après les tests, je ferai un bref tour à l’infirmerie du fort pour me faire désinfecter. Ca tombe bien c’est la pièce qu’il manquait à mon palmarès pour avoir tout visité !
L’épreuve suivante à être testée est le smash en cellule 108, c’est le journaliste de Télé Poche et présentateur du loto sur France 2 Cyril Féraud qui la teste. Je tente de mon côté de prendre des épreuves qui restent désespérément floues devant le mouvement rapide de raquette. Il réussi l’épreuve sans trop de difficultés à taper dans cette balle qui pourtant était assez haute. Je n’ai pas testé cette épreuve mais étant assez petit, je ne suis pas sûr que j’y serai parvenu.
L’épreuve suivante est celle des marches en tubes. Cette épreuve n’étant pas encore finie d’être peinte et ne disposant pas encore du tapis pour éviter de se faire mal, on n’a pu la tester, mais Manu est monté dessus pour poser sur les photos !
On continue notre visite du premier étage qui est décidément riche en nouveautés (5 des 6 nouveautés sont au premier étage) pour arriver devant la cellule du billard en 118. Le décor de l’épreuve est superbe, et c’est l’attachée de presse de France 2 qui inaugure cette épreuve. Elle rentre tout de suite la première boule au milieu mais dès que la grille et le support où elle se trouve se mettent à bouger, elle ne parvient plus à rentrer de boules dans les 2 boites restantes. Elle se fait finalement remplacer par la journaliste du Télé Star qui n’arrivera pas non plus puis c‘est à mon tour de tenter ma chance. Ce ne fut pas évident pour moi non plus mais je finis par rentrer les 2 autres boules. Au total, l’épreuve a bien dû durer 5 minutes ! Ce sera sans doute une des épreuves les plus dures des nouveautés 2009.
Notre visite des nouveautés se termine près de la cage des tigres avec l’épreuve de la chambrière. Manu se glisse dans la cage des tigres et une journaliste fait l’épreuve. Après plusieurs tentatives, elle la réussit. Je demande alors à manu s’il peut remettre la clé pour que je teste à mon tour. J’attrape la canne et je suis assez surpris de son poids. Le petit poids ajouté au bout de la canne à pêche rend son maniement vraiment très compliqué. De plus, le crocher se termine verticalement, ce qui rend la tache très difficile de la renter dans le rond de la clé. Je parviens aussi à l’avoir dans les durées réglementaires, mais je me suis collé aux parois de la cage, je ne sais pas si j’aurai fais pareil s’il y avait eu le tigre à l’intérieur !
Les tests sont terminés et je me félicite d’avoir obtenu 4 clés à moi tout seul ! Malheureusement, les aventures ne sont pas encore achevées et ne peuvent donc pas être testées. Alors que les autres journalistes testent à leur tour quelques épreuves cette fois à l’abri des regards pour ne pas se sentir ridicule, je continue ma visite. Je dois me dépêcher car il est déjà 10 heures, l’heure à laquelle on devait partir, et je n’avais pas eu le temps de visiter toutes les épreuves le matin. Je cours dans les coursives du fort, passe d’épreuve en épreuve en passant par les portes latérales pour gagner du temps et me faire plus discret (qui sait, peut-être vont-ils m’oublier et partir sans moi !). Enfin je retourne dans ma chambre improvisée, mets mes affaires en boule (pas le temps de les ranger) et je me rends sur la plate-forme. Quand j’arrive, le premier zodiac (petit bateau très rapide) est parti, j’attends le second avec les journalistes restants et Eric Buron. Quand il arrive, je remonte dans le panier, cette fois-ci je ne suis plus attaché et il descend au milieu de la mer alors que le bateau n’est pas encore là ! Le bateau met 10 minutes à rejoindre l’île d’Aix et arrive peu avant 11 heures. On doit prendre un bateau nous ramenant à Fouras à 11h30, le temps de faire un petit tour sur l’île et dans une boutique de souvenir où j’achète des cartes postales.
Pendant la traversée, je discute avec Eric Buron qui me raconte plusieurs choses notamment sur les versions étrangères. Mais à notre arrivée, ce n’est pas fini ! Après avoir déposé nos affaires dans les bureaux d’ALP, on se rend au restaurant « l’océan » situé non loin de là où on doit manger avec Olivier Minne et Anne-Gaëlle Riccio. On arrive à midi, heure du rendez-vous mais ils ne sont pas encore là.
Finalement Olivier arrivera avec une petite demi-heure de retard et Anne-Gaëlle encore plus tard ! Commence alors les interviews. Olivier me confie qu’il a lu le dossier écrit par les fans et qu’il trouve ce travail vraiment incroyable ! Il me dit aussi qu’il est pour le retour des candidats anonymes, mais ce n’est pas lui qui décide seul de cela bien sûr. A la fin du repas, il est 14 heures et on est extrêmement pressés car on risque de rater notre train. Eric Buron nous offre à tous un boyard. Pour ma part, c’est mon sixième, mais c’est le plus beau, d’une part parce qu’il est tout neuf, encore emballé dans son plastique, de l’autre par qu’il représente à lui-même le souvenir de ce voyage mémorable que j’ai vécu. Dans la précipitation du départ, je n’ai pas eu le temps d’être pris en photo aux côtés d’Anne-Gaëlle, mais en compensation, Olivier a signé un mot d’amitié pour le site.
Dans le train du retour, c’était beaucoup plus calme qu’à l’aller puisque tout le monde était un peu épuisé. Assis à côté de l’attachée de presse d’ALP, j’entame la lecture du bouquin de Jean-Pierre Mitrecey que j’avais brièvement commencé à l’aller. A l’arrivée du train, tout le monde se dit au revoir, absolument ravi de cette aventure incroyable qu’on a vécue ensemble.